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Jésus a soif de notre amour

Dernière mise à jour : 15 mars 2023


Ce dimanche, l'Évangile nous présente l'une des rencontres les plus belles et les plus fascinantes de Jésus, celle avec la Samaritaine (cf. Jn 4, 5-42). Jésus et les disciples s'arrêtent près d'un puits en Samarie. Une femme arrive et Jésus lui dit : "Donne-moi à boire" (v. 8). Je voudrais m'arrêter précisément sur cette expression : "Donne-moi à boire".


La scène nous montre Jésus assoiffé et fatigué, que la Samaritaine trouve au puits à l'heure la plus chaude, à midi, et qui, comme un mendiant, demande à se désaltérer. C'est une image de l'abaissement de Dieu : Dieu s'abaisse en Jésus-Christ pour la rédemption, il vient à nous. En Jésus, Dieu s'est fait l'un de nous, il s'est abaissé ; assoiffé comme nous, il souffre de la même soif que nous. En contemplant cette scène, chacun de nous peut dire : le Seigneur, le Maître " me demande à boire ". Il a soif comme moi. Il a ma soif. Tu es vraiment proche de moi, Seigneur ! Tu t'es attaché à ma pauvreté - je ne peux pas le croire ! - tu m'as pris en bas, au plus bas de moi-même, là où personne ne peut m'atteindre" (P. Mazzolari, La Samaritana, Bologne 2022, 55-56). Et tu es venu à moi, d'en bas, et tu m'as pris de là, parce que tu avais, et tu as toujours, soif de moi. La soif de Jésus, en effet, n'est pas seulement physique, elle exprime les ardeurs les plus profondes de notre vie : c'est avant tout la soif de notre amour. Il est plus qu'un mendiant, il a soif de notre amour. Et elle émergera au point culminant de la passion, sur la croix ; là, avant de mourir, Jésus dira : " J'ai soif " (Jn 19,28). Cette soif d'amour qui l'a conduit à descendre, à s'abaisser, à se faire l'un de nous.


Mais le Seigneur, qui demande à boire, est celui qui donne à boire : rencontrant la Samaritaine, il lui parle de l'eau vive de l'Esprit Saint, et de la croix il fait couler du sang et de l'eau de son côté transpercé (cf. Jn 19,34). Jésus, assoiffé d'amour, étanche notre soif par l'amour. Et il fait avec nous ce qu'il a fait avec la Samaritaine : il vient à nous dans notre vie quotidienne, il partage notre soif, il nous promet l'eau vive qui fait jaillir en nous la vie éternelle (cf. Jn 4,14).


Donne-moi à boire. Il y a un deuxième aspect. Ces paroles ne sont pas seulement la demande de Jésus à la Samaritaine, mais un appel - parfois silencieux - qui s'élève chaque jour vers nous et nous demande de prendre soin de la soif des autres. Donne-moi à boire, nous disent ceux qui, dans la famille, sur le lieu de travail, dans les autres lieux que nous fréquentons, ont soif de proximité, d'attention, d'écoute ; nous disent ceux qui ont soif de la Parole de Dieu et qui ont besoin de trouver dans l'Église une oasis où ils peuvent s'abreuver. Donne-moi à boire est l'appel de notre société, où la précipitation, la course à la consommation et surtout l'indifférence, cette culture de l'indifférence, génèrent l'aridité et le vide intérieur. Et - ne l'oublions pas - donne-moi à boire est le cri de tant de frères et sœurs qui manquent d'eau pour vivre, tandis que notre maison commune continue d'être polluée et dégradée ; et elle aussi, épuisée et desséchée, "a soif".


Face à ces défis, l'Évangile d'aujourd'hui offre à chacun de nous l'eau vive qui peut faire de nous une source de rafraîchissement pour les autres. Ainsi, comme la Samaritaine, qui a laissé son amphore au puits et qui est allée appeler les gens du village (cf. v. 28), nous aussi nous ne penserons plus seulement à étancher notre propre soif, notre soif matérielle, intellectuelle ou culturelle, mais avec la joie d'avoir rencontré le Seigneur nous pourrons étancher la soif des autres : donner un sens à la vie des autres, non pas comme des maîtres, mais comme des serviteurs de cette Parole de Dieu qui nous a assoiffés, qui nous assoiffe continuellement ; nous pourrons comprendre leur soif et partager l'amour qu'Il nous a donné. Je me pose et je vous pose cette question : sommes-nous capables de comprendre la soif des autres ? La soif des gens, la soif de tant de personnes dans ma famille, dans mon quartier ? Aujourd'hui, nous pouvons nous demander : ai-je soif de Dieu, est-ce que je me rends compte que j'ai besoin de son amour comme j'ai besoin d'eau pour vivre ? Et puis, moi qui ai soif, est-ce que je me soucie de la soif des autres, de la soif spirituelle, de la soif matérielle ?


Que la Sainte Vierge intercède pour nous et nous soutienne sur notre chemin.


PAPE FRANÇOIS

ANGELUS

Place Saint-Pierre

Dimanche 12 mars 2023

 

Traduction provisoire

Source : Site du Vatican




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