top of page

La Parole de Dieu, source de notre charité

Dernière mise à jour : 5 mars 2023


Dans l'Évangile de la liturgie d'aujourd'hui, Jésus dit : "Ne croyez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes ; je ne suis pas venu abolir, mais accomplir" (Mt 5,17). Donner l'accomplissement : c'est un mot clé pour comprendre Jésus et son message. Mais que signifie cet "épanouissement" ? Pour l'expliquer, le Seigneur commence par dire ce qui n'est pas l'accomplissement. L'Écriture dit "tu ne tueras pas", mais pour Jésus cela ne suffit pas si l'on blesse ensuite ses frères et sœurs en paroles ; l'Écriture dit "tu ne commettras pas d'adultère", mais cela ne suffit pas si l'on vit ensuite un amour entaché de duplicité et de mensonge ; l'Écriture dit "tu ne jureras pas faussement", mais il ne suffit pas de faire un serment solennel si l'on agit ensuite avec hypocrisie (cf. Mt 5,21-37). Il n'y a donc pas d'accomplissement.


Pour nous donner un exemple concret, Jésus se concentre sur le "rite de l'offrande". En faisant une offrande à Dieu, on lui rendait la gratuité de ses dons. Il s'agissait d'un rite très important - faire une offrande pour symboliser la réciprocité, disons, de la gratuité de ses dons - si important qu'il était interdit de l'interrompre sauf pour des raisons graves. Mais Jésus affirme qu'il faut l'interrompre si un frère a quelque chose contre nous, pour aller d'abord se réconcilier avec lui (cf. vv. 23-24) : ce n'est qu'alors que le rite est accompli. Le message est clair : Dieu nous aime d'abord, gratuitement, en faisant le premier pas vers nous sans que nous le méritions ; et puis nous ne pouvons pas célébrer son amour sans faire à notre tour le premier pas pour nous réconcilier avec ceux qui nous ont blessés. Ainsi, il y a accomplissement aux yeux de Dieu, sinon l'observance extérieure, purement rituelle, est inutile, elle devient une imposture. En d'autres termes, Jésus nous fait comprendre que les règles religieuses sont utiles, elles sont bonnes, mais elles ne sont qu'un début : pour leur donner une plénitude, il faut aller au-delà de la lettre et vivre leur sens. Les commandements que Dieu nous a donnés ne doivent pas être enfermés dans les coffres asphyxiants de l'observance formelle, sinon nous restons dans une religiosité extérieure et détachée, serviteurs d'un "dieu maître" plutôt qu'enfants de Dieu le Père. Jésus veut cela : ne pas avoir l'idée de servir un Dieu maître, mais le Père ; et pour cela il faut aller au-delà de la lettre.


Frères et sœurs, ce problème n'existait pas seulement à l'époque de Jésus, il existe aussi aujourd'hui. Parfois, par exemple, nous entendons : "Père, je n'ai pas tué, je n'ai pas volé, je n'ai fait de mal à personne...", comme pour dire : "Je vais bien". Voici l'observance formelle, qui se contente du strict minimum, alors que Jésus nous invite au maximum possible. C'est-à-dire que Dieu ne raisonne pas par des calculs et des tables ; il nous aime comme un amoureux : pas au minimum, mais au maximum ! Il ne nous dit pas : "Je vous aime jusqu'à un certain point". Non, l'amour véritable ne va jamais jusqu'à un certain point et ne se sent jamais bien ; l'amour va toujours au-delà, il ne peut pas s'en passer. Le Seigneur nous l'a montré en donnant sa vie sur la croix et en pardonnant à ses meurtriers (cf. Lc 23, 34). Et il nous a confié le commandement qui lui tient le plus à cœur : que nous nous aimions les uns les autres comme il nous a aimés (cf. Jn 15,12). C'est l'amour qui donne son accomplissement à la Loi, à la foi, à la vraie vie !


Ainsi, frères et sœurs, nous pouvons nous demander : comment est-ce que je vis la foi ? S'agit-il d'une question de calculs, de formalismes, ou d'une histoire d'amour avec Dieu ? Est-ce que je me contente de ne pas faire de mal, de garder la "façade" en place, ou est-ce que j'essaie de grandir dans l'amour de Dieu et des autres ? Et de temps en temps, je me vérifie sur le grand commandement de Jésus, je me demande si j'aime mon prochain comme Lui m'aime ? Car peut-être sommes-nous inflexibles dans le jugement des autres et oublions-nous d'être miséricordieux, comme Dieu l'est avec nous.


Que Marie, qui a parfaitement observé la Parole de Dieu, nous aide à accomplir notre foi et notre charité.

PAPE FRANÇOIS

ANGELUS

Place Saint-Pierre

Dimanche 12 février 2023

 

Traduction provisoire

Source : Site du Vatican



64 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout
bottom of page