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Reconnaissons-nous la lumière de l'amour de Dieu dans notre vie ?

Dernière mise à jour : 6 mars 2023


En ce deuxième dimanche de Carême, l'Évangile de la Transfiguration est proclamé : Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean avec lui sur la montagne et se révèle à eux dans toute sa beauté de Fils de Dieu (cf. Mt 17, 1-9).


Arrêtons-nous un instant sur cette scène et demandons-nous : en quoi consiste cette beauté ? Que voient les disciples ? Un effet spectaculaire ? Non, ce n'est pas cela. Ils voient la lumière de la sainteté de Dieu qui brille dans le visage et les vêtements de Jésus, l'image parfaite du Père. La majesté de Dieu est révélée, la beauté de Dieu. Mais Dieu est Amour, et ainsi les disciples ont vu de leurs propres yeux la beauté et la splendeur de l'Amour divin incarné dans le Christ. Ils ont eu un avant-goût du paradis ! Quelle surprise pour les disciples ! Ils avaient depuis si longtemps le visage de l'Amour devant les yeux, et ils ne s'étaient jamais rendu compte de sa beauté ! Ce n'est que maintenant qu'ils le réalisent, et avec une telle joie, une joie immense.


En fait, Jésus est en train de les former avec cette expérience, il les prépare à une étape encore plus importante. En effet, ils devront bientôt savoir reconnaître la même beauté en lui, lorsqu'il montera sur la croix et que son visage sera défiguré. Pierre peine à comprendre : il voudrait arrêter le temps, mettre la scène en " pause ", rester là et prolonger cette expérience merveilleuse ; mais Jésus ne le permet pas. Sa lumière, en effet, ne peut être réduite à un "moment magique" ! Elle deviendrait alors quelque chose de faux, d'artificiel, qui se dissoudrait dans le brouillard des sentiments passagers. Au contraire, le Christ est la lumière qui guide le chemin, comme la colonne de feu pour le peuple dans le désert (cf. Ex 13,21). La beauté de Jésus n'éloigne pas les disciples de la réalité de la vie, mais leur donne la force de le suivre jusqu'à Jérusalem, jusqu'à la croix. La beauté du Christ n'est pas aliénante, elle vous porte toujours en avant, elle ne vous fait pas vous cacher : allez-y !


Frères et sœurs, cet Évangile trace aussi un chemin pour nous : il nous apprend combien il est important d'être avec Jésus, même quand il n'est pas facile de comprendre tout ce qu'il dit et fait pour nous. C'est en étant avec lui, en effet, que nous apprenons à reconnaître dans son visage la beauté rayonnante de l'amour qui se donne, même lorsqu'il porte les marques de la croix. Et c'est à son école que nous apprenons à saisir la même beauté dans le visage des personnes qui nous côtoient chaque jour : les membres de la famille, les amis, les collègues, ceux qui, de manières les plus diverses, prennent soin de nous. Combien de visages lumineux, combien de sourires, combien de rides, combien de larmes et de cicatrices parlent d'amour autour de nous ! Apprenons à les reconnaître et à en remplir nos cœurs. Et ensuite, mettons-nous en route, pour apporter aussi aux autres la lumière que nous avons reçue, avec les œuvres concrètes de l'amour (cf. 1 Jn 3, 18), en nous plongeant plus généreusement dans nos occupations quotidiennes, en aimant, en servant et en pardonnant avec plus d'enthousiasme et de disponibilité. La contemplation des merveilles de Dieu, la contemplation du visage de Dieu, du visage du Seigneur, doit nous pousser au service des autres.


Nous pouvons nous demander : reconnaissons-nous la lumière de l'amour de Dieu dans notre vie ? La reconnaissons-nous avec joie et gratitude dans le visage des personnes qui nous aiment ? Cherchons-nous autour de nous des signes de cette lumière, qui remplit nos cœurs et les ouvre à l'amour et au service ? Ou bien préférons-nous les feux de paille des idoles, qui nous aliènent et nous enferment sur nous-mêmes ? La grande lumière du Seigneur et la lumière factice et artificielle des idoles. Que dois-je préférer ?

PAPE FRANÇOIS

ANGELUS

Place Saint-Pierre

Dimanche 5 mars 2023

 

Traduction provisoire

Source : Site du Vatican


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